La fin du mandat de Macron s'opère dans un chaos qui témoigne de la nature de ses options de gouvernance, indéfectiblement libérales et résolument à droite, sous couvert d'un centrisme de bon aloi. D'ailleurs, tous ses gouvernements ont embauché des ministres issus des partis de droite. Fausse et dérisoire fenêtre du « en même temps », piperade politicienne du faux-semblant et de l'abus de confiance.
Aujourd'hui, la France est la championne d'Europe des distributions de dividendes en conséquence du banquet ouvert aux spéculateurs et milliardaires.
Il en découle qu'elle est le pays où prédominent le bruit et la fureur des faillites d'entreprises, de la galère subie par des millions de Français, foyers de salariés, chômeurs et précaires, apprentis et étudiants, paysans, tous sacrifiés sur le sacro-saint autel du système capitaliste et sa déclinaison européenne inféodée à l'Amérique de l’impérialiste d'extrême-droite Trump, boussole des lepénistes et de leur rejeton Bardella.
De cette chienlit, se déroule l'écheveau de la xénophobie et du racisme incarnés et portés par le RN et ses satellites, bénéficiant de larges complicités dans les sphères financières, économiques, politiques et médiatiques qui soutiennent et relaient ces poisons bénéfiques à la division d'un peuple, dont pourtant l'intérêt est de vivre et d'agir ensemble dans sa diversité d'origine et de condition, sur la base d'intérêts communs face au système qui les humilie et les écrase tous.
Les ingrédients des années 1930 sont-ils de retour, colossal scandale international de traite sexuelle de femmes et de mineurs en prime, dont l'étendue et les implications ne sont qu'au début de leurs révélations explosives ?
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La chienlit macroniste est alourdie par l'approfondissement de la crise politique engendrée par le mépris du résultat législatif des urnes et, dans la foulée, par la trahison socialiste du Front populaire et de son programme commun.
Le PS s'auto-détruit dans un « tout sauf LFI » partagé par le RN et la droite, et le sauvetage parlementaire de Lecornu et Macron, au prix de la co-élaboration et l'approbation de budgets de régression sociale et de casse des services publics, notamment pour l'hôpital et l'éducation.
Le parti de Faure et Hollande a ainsi déserté les voies du changement indispensable pour celles et ceux qui souffrent tant et parfois désespèrent.
Seuls, LFI et Jean Luc Mélenchon, fidèles à leurs engagements, sont détenteurs du drapeau du rassemblement, de l'espoir et de l'exigence de transformations sociales et humanistes. Alors que pointe l'échéance décisive de l'élection présidentielle, ils disposent d'un programme alternatif complet de gouvernement et d'une stratégie offensive et conquérante d'unité populaire et de nouvelle République contre-libérale, citoyenne, solidaire, anti-raciste, pacifiste, non alignée.
Pendant ce temps, les partis politiques traditionnels, engoncés dans le moule néo-libéral, concentrent leurs activités sur leurs étroits intérêts boutiquiers et les dérisoires ambitions de personnes, que les citoyens vomissent de plus en plus.
L'exacte illustration en est donnée par la préparation d'une primaire orchestrée par le PS pour tenter de désigner une candidature ...à opposer à la dynamique Mélenchon ! Les empoignades entre les postulants occupent la plus grosse part de leur énergie, avec en embuscade le renard maître du jeu Hollande, le demi de mêlée landais Vallaud, sans omettre le belliciste Glucksmann en position de tireur couché. Son avènement, s'il a lieu, ce qui est plus qu'incertain, est promis à l’impasse et au ridicule.
Hors temps et hors sol !
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La France insoumise, elle, capte l'attention, l'intérêt et le soutien de millions de gens. Le rassemblement populaire à vocation majoritaire se construira donc par son entremise ouverte et unitaire, et dans son sillage. Le succès des meetings préparatoires aux élections municipales est à noter et à souligner.
LFI et son leader sont d'ores et déjà dans une perspective de gouvernance, dans l'hypothèse d'une relégation de la droite et du RN dans l’opposition à laquelle ils consacrent leur mobilisation intellectuelle et leurs rapports militants directs avec le peuple. L'exercice du pouvoir, le moment venu, promet d'inaugurer une phase nouvelle de l'histoire de la lutte des classes, dès lors qu'une majorité issue des urnes tournerait le dos à « la gestion loyale du capitalisme ».
Milliardaires, profiteurs, bourgeois parvenus nostalgiques d'un temps historiquement révolu, ne sont pas disposés à faire fi de leurs privilèges et à ouvrir le passage.Leur acharnement à combattre par tous les moyens les aspirations populaires à l'indépendance, la souveraineté et la liberté, en France et dans le monde, le confirme souvent avec cruauté.
Les Guernica génocidaires en Palestine en portent témoignage avec leur part décisive de complicités militaires et politiques des Etats-Unis, de l'Europe et des gouvernants français ayant renoncé à aller au-delà des formules critiques de communication. Comme toujours avec les macronistes.
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L'exercice d'une gestion de rupture sera à conduire dans un cadre démocratique et pacifique de construction de rapports de forces propices au changement.
Un gouvernement fédérateur à direction insoumise aura d'entrée de jeu sur les bras les dégâts commis par ses prédécesseurs, en premier lieu sur les fronts de l'emploi, du pouvoir d'achat, de la justice fiscale, de la santé, de l'éducation, du logement, des services publics en général, de la tranquillité publique de proximité, de la qualité souveraine de l'alimentation, de la protection des surfaces à vocation agricole, du réchauffement climatique et ses conséquences croissantes, de la ressource en eau, de la biodiversité, de la souveraineté pharmaceutique...et au plan international, du non alignement au service de notre indépendance, de la coopération économique, technologique, scientifique, culturelle, du désarmement, de la paix.
Ça représente beaucoup de pain sur la planche dans un contexte complexe où l'hostilité ne fera pas défaut.
Quelle seront alors les clés du succès ?
Sans aucun doute, dans la démonstration rapide qu'aux engagements électoraux s'ensuit le processus des actes, notamment sur les enjeux brûlants du pouvoir d'achat, de l'emploi, de la santé, et des soins, de la sécurité sociale.
Mais encore ?
La condition majeure pour la réussite escomptée est de substance politique et démocratique, comme toute l'histoire des peuples nous l'enseigne depuis longtemps.Sans appropriation du programme de transformation par une majorité de citoyens producteurs des richesses nationales, sans leur intervention concrète dans la mise en œuvre des programmes électoraux approuvés dans les urnes, point de salut...
La « révolution citoyenne » prônée par LFI a donc rendez-vous avec notre destin commun et nos intérêts collectifs. Ses ondes positives interpelleront les autres peuples de la planète en quête d'issues émancipatrices.Rassemblé, un peuple uni et combatif peut accéder à la maîtrise des pouvoirs détenus par ses exploiteurs et spoliateurs. Question de nombre et de rapport de forces et de renonciation à toute forme de « servitude volontaire ».
Jean-Luc Mélenchon a récemment présenté une proposition de « pacte productif » à destination des PME.Une initiative singulière et opportune accueillie avec une attention sensible par les représentants des syndicats des chefs d'entreprises de la catégorie concernée.Sa justification réside dans le constat de la lourde insuffisance du nombre d'emplois productifs français, en lien avec un déficit chronique d'investissements à caractère industriel, mais aussi dans le vaste secteur des services. D'énormes masses de capitaux privés satisfont en revanche la cupidité de leurs détenteurs dans les placements spéculatifs qui échappent à l'imposition. Tout cela parallèlement à l'abandon et au bradage de pans entiers de secteurs stratégiques comme les aciéries.Les français ne travaillent donc pas insuffisamment, mais ils manquent de postes de travail utiles et rémunérateurs !
• Le pacte productif s'adresse aux petites et moyennes entreprises, incluant les caractéristiques de l’artisanat. Elles constituent l'écrasante majorité des entreprises installées dans l'hexagone dont l'existence conditionne souvent la vie collective en zone rurale et en périphérie des villes.
• Leurs productions sont d'une grande diversité. Nombre d'entre-elles sont sous la dépendance fragile de sous-traitances provenant de grands groupes capitalistes qui n'ont que faire de leur avenir durable et du sort des régions d'implantation.
Jean-Luc Mélenchon propose donc ce pacte impliquant la puissance publique, le système bancaire et leurs moyens financiers, dans le cadre d'une planification fondée sur la satisfaction des besoins humains et de la nation, en déconnexion de l'anarchie et de la gabegie perpétrées par le seul marché, et les compétitions aveugles et sauvages qu'il génère au détriment de l'emploi, des produits écologiquement compatibles, des besoins des consommateurs.
Le nouveau pouvoir positionnera en orientations industrielles structurantes, par exemple l'exigence contemporaine du développement d’énergies renouvelables, de moyens de transport conformes à la protection de l'environnement et de la santé, la généralisation d'une agriculture vivrière bio etc...
Une telle offensive économique et sociale supposera la dynamisation de la recherche publique et de la formation professionnelle de haut niveau en rapport avec les besoins issues des filières et des chaînes de valeurs impliquées dans le pacte productif avec l'État. Les enjeux de l'implication et de la responsabilisation citoyennes des travailleurs revêtiront dès lors toute leur importance incontournable pour les entreprises et les pouvoirs publics. Les questions des rémunérations salariales et des droits d'intervention des travailleurs dans la gestion, les modes et les choix de production, devront être partie prenante des conventions établies dans le contexte de la planification. L'évolution de l'armature législative devra le permettre à l'échelle des comités d'entreprise et des comités de partenariat et de surveillance, mutualisés et territorialisés auprès des entreprises de moins de dix salariés.
Une telle République sociale ne pourra que favoriser les résultats des stratégies d'investissement et de production des directions d'entreprises.Dans cette approche de rupture, il est presque superflu de rappeler la place et le rôle majeurs des organisations syndicales en charge de la défense des intérêts des salariés dont le contrat de travail restera un rapport de subordination, qu'il concerne le compagnon coiffeur ou le technicien de l'aéronautique.
Ambitieux tout cela ?
Oui, mais à la hauteur de la réussite nécessaire face à l'appauvrissement et au déclin.