Le monde agricole traverse une période pessimiste. Entre la possible signature de l’accord de libre-échange avec le Mercosur et les errances de la politique sanitaire de l’État, les paysannes et paysans sont pris en étau par des décisions dictées avant tout par les intérêts du libre-échange et de la compétitivité à tout prix. Le report de la signature du traité Mercosur en janvier est une petite victoire d’étape, obtenu par la mobilisation, qui doit être confirmée en 2026.
Il faut le dire clairement : dans la logique capitaliste dominante, les produits agricoles sont considérés comme de simples marchandises, interchangeables, soumises à la concurrence mondiale et débarrassées de toute frontière. Peu importe les réalités sociales, environnementales ou sanitaires : si vous n’êtes pas « compétitifs », vous devez disparaître.
C’est précisément le danger que représente la signature de l’accord Mercosur par Ursula von der Leyen, avec la bénédiction d’Emmanuel Macron. Cet accord ouvrirait grand les portes à l’importation de viandes sud-américaines produites à des conditions sociales, sanitaires et environnementales inacceptables. Là où le capital est vicieux, c’est que vous ne trouverez pas ces viandes telles quelles dans le rayon du supermarché ou la boucherie ; elles serviront majoritairement dans les plats préparés, la restauration rapide, etc. Et vous ne pourrez pas le vérifier quand on vous servira du hachis parmentier à la cantine d’entreprise ou dans votre hamburger préféré.
La même logique est à l’œuvre dans la gestion de la DNC (dermatose nodulaire contagieuse). Ici ce sont les animaux vivants qui sont la marchandise. Les animaux naissent en France, sont engraissés en Italie ou en Espagne et reviennent se faire abattre et transformer en France. Cette maladie est d’abord la conséquence de la circulation effrénée des marchandises et de la recherche du profit maximal sur chaque opération agro-alimentaire.
Derrière le discours sanitaire se cache une priorité commerciale : préserver coûte que coûte le statut « indemne » de la France afin de maintenir les exportations. La santé animale devient un outil au service du commerce international, et non de l’intérêt général.
L’État fait le pari dégueulasse que les abattages et les indemnisations coûteront moins cher que la vaccination généralisée. La ministre Genevard fait le choix du sacrifice psychologique de paysans et de leurs fermes pour épargner toute remise en cause des grands groupes agro-industriels.
Les député.es et lesmilitant.es insoumis.es avaient, depuis juillet, formulé les réponses les plus claires face à cette crise sanitaire : des mesures anticapitalistes ! Restriction du libre-commerce et fermeture des frontières le temps de s’organiser, nationaliser la production de vaccins, et restreindre les mouvements d’animaux, car ce virus se diffuse par une mouche qui se déplace avec les animaux.
Enfin, dans sa logique capitaliste, l’État et les agro-industries ont décidé de reporter sur les paysans le coût et la gestion de cette crise : avec les animaux bloqués dans les fermes, les paysans ont dû acheter davantage d’aliments pour nourrir des animaux qui auraient dû être vendus (veaux, jeunes taureaux d’élevage). Cela a une nouvelle fois pesé sur la trésorerie des paysans et qui en a profité ? Les banques évidemment, qui pouvaient proposer des crédits à court terme aux taux d’intérêt bien juteux.
Face à ce modèle capitaliste qui montre ses limites, la résistance s’organise partout sur le territoire.
Les paysans refusent de servir de variables d’ajustement à un système qui les broie. Ils peuvent compter sur le soutien des député.es de la France insoumise, les seul.es à n'avoir jamais varié dans leurs positions : refus du Mercosur, défense d'une agriculture paysanne, protection des éleveurs et planification écologique.
Les citoyens rejettent aussi cette logique. Ils veulent une agriculture qui leur donne le goût d’une nourriture saine, en respectant l’homme et la nature.