Huit jours avant les annonces catastrophiques de Bayrou, l’INSEE a publié les chiffres de la pauvreté en France pour l’année 2023.
650 000 personnes sont passées en dessous du seuil de pauvreté cette année-là, portant le nombre total à 9,8 millions.
8 millions de personnes sont en situation de « privation matérielle » c’est-à-dire qu’elles ne peuvent pas, par exemple, se chauffer normalement ou manger régulièrement des repas avec des protéines.
Mais 147 familles, les plus fortunées, ont vu leur patrimoine doubler depuis l’accession de Macron au pouvoir en 2017.
Voilà donc la société dans laquelle nous vivons. Les inégalités, non combattues, explosent. Le système capitaliste, assoiffé de profits de plus en plus gigantesques, génère de la misère et détruit l’emploi.
La course à l’abîme est orchestrée par Trump, artisan d’un nouvel impérialisme américain. Il met l’État qu’il dirige au service de « ses » millionnaires, il nie les conclusions scientifiques de la crise écologique et il passe au-dessus de la loi du marché pour fixer, selon son bon vouloir, les droits de douane qui lui serviront à faire gagner des parts de la richesse mondiale à ses amis avec la complaisance docile de ses « alliés ».
Macron est son élève le plus zélé ; engagé dans la même logique, il prêche l’économie de guerre pour justifier la guerre sociale.
Les propositions budgétaires de son premier ministre ne surprennent plus.Mais son cynisme méprisant est insupportable. Les Françaises et les Français selon un sondage post « annonce » rejettent à 75% les mesures proposées comme ils rejetaient le projet de retraite à 64 ans.
Peu importe, la Ve République permet qu’un président élu par défaut, pour éliminer Le Pen, conduise les destinées du pays tout seul.
Encore faut-il que Bayrou, bénéficie, dans la situation minoritaire où il est, de la complicité du RN ou du PS, qui refusent à tour de rôle de le censurer.
Le RN parce que son projet est de poursuivre cette politique comme le montre son recul sur toute mesure sociale et ses génuflexions devant les patrons, au fur et à mesure qu’il se rapproche du pouvoir.
Le PS, parce qu’après trente années de ralliement progressif au libéralisme il ne peut espérer gagner une présidentielle. Dès lors, sans compassion à l’égard de celles et ceux qui souffrent, il prêche « la stabilité institutionnelle ». Mais la stabilité en régime capitaliste c’est la stabilité bourgeoise. Les plus riches en profitent, les pauvres la payent en premier et toute la société avec eux, sans compter nos écosystèmes en pleine destruction.
Ce système n’est pas amendable, il faut rompre avec lui. Le réformisme, c’est-à-dire le compromis avec le capital n’a pas d’avenir. Les gens ont très bien compris la nécessité d’une rupture. C’est le fruit de leur expérience. Jean-Luc Mélenchon ne leur fait pas peur. Seuls les défenseurs du système ou ceux qui l’acceptent le critiquent.
La France insoumise veut servir cette aspiration par son programme et par sa volonté de rassembler le peuple autour de celui-ci.
Une autre logique est possible, le but de la production doit être la satisfaction des besoins humains tout en préservant nos écosystèmes. Son moteur doit être l’élévation des qualifications de tous pour alimenter les filières professionnelles nécessaires à la bifurcation écologique de notre économie ou à son autonomie qu’elle soit industrielle, scientifique ou alimentaire. Il y a des centaines de milliers d’emplois à créer dont le secteur privé se désintéresse.
Nous voulons construire une société dans laquelle les femmes et les hommes puissent vivre en harmonie entre eux et avec la nature.
Sinon quoi ?
À NOTER : Ce texte est paru dans la rubrique « Arguments » du Journal de l’Insoumission (Août/Septembre n°1799)